Institut de recherche indépendant sur la numérisation

Cher·e collègue,

L’année 2025 aura été pour l’association à but scientifique IRIN une année riche, marquée par une activité scientifique soutenue au premier semestre, des publications, ainsi qu’un mandat de recherche et des activités de formation qui ont enrichi nos travaux.

Le mois de juin a constitué un temps fort. Nous étions d’abord à l’Université de Maastricht, pour contribuer à un atelier intitulé Hostility by Design. Il réunissait des collègues autour d’un thème pour nous central : le design des systèmes numériques et la manière dont ces dispositifs, loin d’être neutres, peuvent intégrer dans leur conception même des formes d’hostilité, d’exclusion ou de contrainte. Les échanges ont permis de consolider un cadre d’analyse commun, dont les prolongements prendront la forme d’un ouvrage collectif à paraître en 2026 et d’un panel à la conférence EASST-4s de Cracovie.

« Zombie-walk » à Maastricht, juin 2025

Quelques jours plus tard, nous étions à Lisbonne, au Portugal, pour participer à la 20ème Conférence ibérique sur les systèmes et les technologies d’information. Nous y avons présenté un article consacré à la notion de digital boundary infrastructure. En partant du constat que de nombreux objets-frontières analogiques (tels que des formulaires, des dossiers ou des protocoles) sont aujourd’hui pris en charge par des infrastructures numériques, nous montrons que la simple standardisation des données n’est ni nécessaire, ni surtout suffisante, pour garantir leur fonctionnement collaboratif. L’article, qui paraîtra chez Springer Nature en janvier 2026, défend l’idée que ces infrastructures exigent des architectures de coordination, de gouvernance et de responsabilité allant bien au-delà de seuls standards techniques.

Lisbonne, juin 2025

Toujours en juin, nous avons participé à Berne à la 11ème Conférence internationale sur la démocratie et le gouvernement numériques. Nous y avons présenté un article désormais publié dans IEEE, consacré au problème du consentement dynamique dans la recherche impliquant des sujets humains. Partant d’une critique des approches dominantes du dynamic consent, souvent réduites à une gestion numérique du consentement individuel, nous proposons de déplacer l’analyse vers une notion de dynamic governance. Celle-ci met l’accent sur les conditions sociotechniques permettant d’assurer la traçabilité, la légalité et la mise en œuvre effective du consentement dans des environnements de recherche distribués, voire internationaux, où les sources de changement sont multiples et ne relèvent pas uniquement des plateformes numériques.

Complexité dans la gouvernance numérique, juin 2025

L’année a aussi été marquée par la parution d’un chapitre d’ouvrage aux éditions de l’École normale supérieure de Lyon, dans le volume Comment les machines ont pris la terre. Cette contribution prolonge nos travaux sur la numérisation de l’agriculture suisse en analysant les relations de dépendance instaurées par les plateformes numériques entre agriculteurs et organisations professionnelles. En comparant deux projets emblématiques — la plateforme centralisée Barto et la plateforme distribuée ADA — nous montrons comment les choix techniques participent à verrouiller ou, au contraire, à ouvrir les possibilités d’association, de contrôle et de redevabilité dans un secteur fortement structuré par des rapports de pouvoir historiques.

Outre ces activités de recherche et de publication, l’association a conduit en 2025 une enquête de terrain sur la fracture numérique, réalisée pour une entreprise technologique de Lausanne. Ce mandat, clôturé en décembre, a été l’occasion de mobiliser nos méthodes qualitatives pour analyser des situations concrètes d’exclusion ou de difficulté d’accès aux dispositifs numériques, en mettant en évidence le rôle des choix pédagogiques, des contraintes budgétaires et de la fragmentation territoriale des dispositifs d’accompagnement existants. En parallèle, nous continuons à soutenir opérationnellement la gestion de projets de Qualité écologique OQE, dont certains vont entrer dans leurs quatorzième et quinzième années d’existence.

L’année a aussi été marquée par un investissement en formation continue, avec le suivi par Léa d’un Certificate of Advanced Studies (CAS) en management de projet Agile dispensé par la Haute École de Gestion de Genève. Cette formation vient renforcer nos compétences en conduite de projets complexes, en cohérence avec nos activités de recherches et de mandats.

Retraite de travail, Agen, novembre 2025

Enfin, au terme de cette riche année, nous nous sommes engagés dans la construction d’un consortium international dans le but de soumettre une demande de fonds directement en relation avec nos visions et nos recherches sur les politiques des architectures numériques. Plus là-dessus, peut-être, dès mars 2026.

Dans tous les cas, nous nous réjouissons de poursuivre nos travaux en 2026 et de prolonger les collaborations engagées cette année, tant sur le plan scientifique que professionnel. Nous espérons avoir l’opportunité de partager nos idées et nos réalisations avec les vôtres.

Nous te souhaitons, Cher·e collègue, de belles fêtes de fin d’année et une excellente année 2026.

À bientôt,

Léa & Alain

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